Chaw, de Shin Jeong-Won


En Corée du Sud, un village vit tranquillement sans aucun crime depuis dix ans, et, soudain, un corps sauvagement mutilé est retrouvé. Un jeune policier de Séoul mène l’enquête et un vieux chasseur est persuadé que la victime n’a pas été agressée par un homme mais par un animal d’une incroyable férocité. Un commando de cinq personnes se lance sur les traces de la bête.

Après l’australien Razorback de Russell Mulcahy et plus récemment le français La Traque d’Antoine Blossier, c’est la Corée du Sud qui propose un survival avec en tête d’affiche un énorme sanglier qui bouffe tout ce qui bouge. Malgré les nombreuses qualités que possède La Traque, s’il y a une chose qu’on pourrait lui reprocher c’est de prendre son sujet un peu trop au sérieux. Ce que Chaw de Shin Jeong-Won ne fait pas du tout sans pour autant tomber dans la parodie.

En effet, il s’agit bien plus d’une comédie noire aux accents burlesques dopé par de nombreux personnages que le spectateur découvre au fur à mesure que le film avance. Peut-être trop nombreux, certains personnages peinent à trouver leur utilité dans le récit (comme celui de la « sorcière »), d’autres sont totalement caricaturaux, ce qui ne fait pas tant défaut au film puisqu’ils renforcent sa dimension décalée. Mais il a le mérite de ne jamais laisser ses personnages de côté.

Chaw est une œuvre assez généreuse en action (le « monstre » est dévoilé, la forêt est très bien exploitée) qui fait très peu dans le gore, mais malheureusement, elle s’étale un peu trop sur la longueur. D’une durée de près de deux heures, elle aurait peut-être gagnée à supprimer une bonne vingtaine de minutes (ce qui aurait pu être fait sans vraiment affecter le film) pour empêcher le spectateur de lâcher prise à certains moments.

Au-delà de ces quelques défauts, Chaw reste néanmoins une bonne surprise, drôle (malgré quelques tentatives humoristiques qui font flop) et divertissante, et qui, dans sa structure, peut se vanter d’être un peu plus intéressant que Razorback ou La Traque.

Directement sorti en dvd, l’édition d’Opening ne propose malheureusement rien de plus qu’une bande-annonce du film en bonus.


    A propos de Rock

    même si son nom évoque la boxe ou le catch, il y a une grande sensibilité chez Rock. Enfant spirituel d’Harmony Korine, il se plait à explorer les mêmes errances que le réalisateur américain. Même si ses goûts sont larges, il s’intéresse au cinéma mal branlé, et éprouve une compassion pour les réalisateurs fauchés. Ceux qui n’ont pas le budget mais qui font leur métier en y mettant tout leur coeur. Grand mélomane (Ernest Ping, Nipple boy), il s’essaie à la réalisation de clips et de courts-métrages. Domicilé à Strasbourg

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