Esther (Orphan) 1


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Après avoir perdu l’enfant qu’elle attendait, la fragile Kate (Vera Farmiga) voit ressurgir les douloureux souvenirs d’un passé qu’elle préférerait oublier. Hantée par des cauchemars récurrents, et décidée à retrouver une vie de couple équilibrée, elle fait le choix, avec son compagnon John (Peter Sarsgaard), d’adopter un enfant. À l’orphelinat voisin, Kate et John se sentent étrangement attirés par une fillette, Esther (Isabelle Fuhrman).
Mais Kate ne tarde pas àdécouvrir la face cachée de la « douce » enfant. Autour d’elle, personne n’a rien remarqué, et nul ne semble partager ses doutes et ses inquiétudes…

Esther rejoint le clan des enfants diaboliques, genre qui revient doucement à la mode avec notamment The Children, de Tom Shankland. Le film cumule les défauts d’un thriller hollywoodien formaté. Le plus grave étant les oeillères qu’ont tous les personnages sur la situation. Au premier abord, Esther n’a rien de dangereux, si ce n’est ses comportements de « première de la classe » qui a tendance à reléguer les autres enfants de la famille au second plan et à générer par conséquent de la jalousie. Mais progressivement, elle va pousser chacun à faire le mal et prendre soin de couvrir ses arrières en pratiquant la terreur. L’arrivée d’Esther coïncide donc avec un nombre important d’accidents mortels et de disparitions étranges mais personne ou presque ne met la petite fille en cause. Cela, malgré les avertissements de la mère, qui a eu des soucis d’alcoolisme et dont la crédibilité s’en voit considérablement diminuée. Alors que tout l’accuse, personne n’émet le moindre doute sur Esther, ce qui semble un peu gros. Et c’est au moment où les choses commencent à changer que les gens se mettent à conduire n’importe comment sur la neige !

Le film serait donc superficiel si le personnage d’Esther n’était pas porteur de graves troubles psychologiques. Elle fait absolument tout pour monter les membres de la famille les uns contre les autres. Le pire, c’est qu’elle n’hésite pas à utiliser des coups vraiment très vils, comme profaner le symbole du bébé mort-né de Kate. De manière progressive, Esther va toujours plus loin dans le dérangeant et le malsain. Elle passe donc du statut d’enfant gâtée à celui de peste turbulente pour finir en dangereuse psychopathe. L’explication à ces actes violents est plutôt originale et tend à justifier la plupart des scènes un peu « too much » (mais pas l’imbécilité de la famille). Grâce à une mise en scène de plus en plus dynamique à mesure que l’intrigue avance, le film parvient à nous happer et l’on en vient à haïr profondément Esther.  Le plus étonnant reste la thématique sexuelle du film, car Esther devient une sorte de rivale pour la mère. Non seulement elle surprend le couple en train de faire l’amour mais elle va tenter de séduire le père, qui représente quand même son père adoptif. Une situation trouble et troublante, surtout quand on sait qu’en réalité,  l’actrice qui interprète Esther n’a que 12 ans…

Réalisé par Jaume Collet-Serra. Sortie dans les salles le 30 décembre.

Site officiel : www.esther-lefilm.com


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.

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