Dan O’Bannon

Deuxième partie

Les années 80 – Première partie : Hauts et bas

En apparence, l’année 1981 annonce le succès pour le tandem avec Métal Hurlant (les segments Soft Landing et B-17), puis Réincarnations (Dead & Buried), film oublié avec un script de haute tenue, qui rends hommage au EC Comics. Mais nous allons le voir, la postérité réserve quelques surprises.

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Metal Hurlant

B-17, découvert dans un long extrait télévisuel quand j’étais enfant et qui m’aura valu quelques bonnes nuits de cauchemars (il fut bien plus traumatisant pour moi que le déjà gratiné Thriller de John Landis), montre le tragique destin d’un bombardier durant la seconde guerre mondiale contaminé par la force négative qui est le fil rouge du film. Les cadavres se lèvent et progressent inexorablement jusqu’à la cabine de pilotage. Malgré l’âge avancé de l’animation, le segment file encore quelques frissons aujourd’hui par son ambiance macabre.

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Réincarnations

Il serait facile de croire qu’il s’agit là d’un des meilleurs scripts de O’Bannon qui se serait rappelé des lectures horrifiques qu’il affectionnaient tant. On retrouve déjà un humour très noir annonçant celui de The Return of the Living Dead, au service d’une histoire à la fois respectueuse et trangressive du mythe du mort-vivant, fortement maline et d’une chute vertigineuse. Mais en réalité, c’est l’homme de l’ombre, Sushett, qui l’a exclusivement écrit. O’Bannon avoua à Marc Toullec que pour cause de maladie "il n’avait jamais écrit une ligne" dessus. C’est dire qu’il ne faudrait pas oublier, O’Bannon avait raison, que le co-auteur d’Alien est un "bon".

Les vicissitudes hollywoodiennes se poursuivent par le traitement aseptisé du scénario très ambitieux et politique de Tonnerre de Feu (Blue Thunder) qui devient un polar un chouïa high tech par John Badham suite à la "magie" de la production. Une déception de plus pour Dan O’Bannon. Il y en aura bien d’autres.

Dune de David Lynch sort sur les écrans en 1984. L’histoire ne retient pas ce qu’en a pensé O’Bannon…

Les années 80 – Deuxième partie : la réussite Return of the Living Dead

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Une édition (plus que sommaire) vantant les mérites de O’Bannon mais sans oser le citer

Il était logique après les expériences touche-à-tout de l’homme sur Dark Star et Alien, qu’il en vienne naturellement à la réalisation. L’occasion se présentera avec Le Retour des morts-vivants qui nous fait regretter amèrement que O’Bannon n’ait pas pu persévérer plus loin que The Ressurected dans cette voie. Malgré quelques démêlées de droits concernant le titre avec G.A. Romero qui préparait son Day of the Dead (qui finira par un accord à l’amiable : O’Bannon pouvant utiliser les mots "living dead" et Romero juste "dead"), qu’à cela ne tienne, il écrit puis réalise enfin son premier long-métrage en 1985. Même si les producteurs honnis par O’Bannon mettront leurs mains dans le montage, cela ne change pas l’évidence, le film est excellent.

Sous des dehors de petite série B amusante et pétaradante, The Return of the Living Dead est un véritable tour de force plein d’énergie, d’inventivité et de modernité (des personnages agissent par rapport à leur connaissance du cinéma d’horreur, onze ans avant Scream) qui préfigure tout un pan du film de zombies. En voulant payer sa dette aux Comics, en voulant introduire une ambiance mi-horrifique mi-humoristique mais en réussissant à garder un équilibre parfait entre les deux, en creusant un chemin différent de Romero, The Return of the Living Dead annonce tous les zombie-flick à la fois sérieux et décalés que ce soit Shaun of the Dead ou plus récemment Bienvenue à Zombieland. Ne serait-ce qu’au niveau technique, la performance sur les effets spéciaux de maquillages est stupéfiante pour son époque.

Et rien que pour le gag d’humour noir le plus drôle qui soit (le zombie qui prends la radio de la voiture de la police dont les propriétaires se font manger à côté et qui lance l’appel : "Envoyez encore des flics !"), on ne peut décemment que mettre la meilleure note sur la copie.

Il n’y a qu’à voir la suite de 1988, qui est une pochade sans rime ni raison, pour mesurer le talent d’écriture et de réalisation de Dan O’Bannon.

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