Outbuster, l’autre cinéma

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La nouvelle plate-forme de streaming Outbuster propose une sélection de films souvent méconnus. Pas de « blockbuster » ni de « mainstream » ici. Sont mises en valeur ce qu’on appelle des « pépites » du cinéma indépendant. Les films sont souvent bancals, manquent de moyen ou d’ambition, mais ont tous un quelque chose de sympathique qui les rend attachants et intéressants.

Quelques exemples :

Road Movie, Dmitrii Kalaschnikov, 2016

L’idée n’est pas neuve : compiler des vidéos de « dashcam ». Très utilisées en Russie, ce sont de petites caméras type gopro que l’on fixe sur le pare-brise et qui filment en continu dès que l’on conduit. Ainsi, cela permet de saisir des événements exceptionnels. Bien sûr, la caméra est surtout le témoin de nombreux accidents de la route mais ce n’est pas tout. En Russie, il peut se passer à peu près n’importe quoi et on peut en faire le constat dans ce film : une voiture qui traverse un incendie de forêt, des soldats qui vont laver leur tank, un psychopathe qui s’agrippe au capot, un commando qui sort de son véhicule pour en découdre, une météorite qui s’écrase, etc. Contrairement aux compilations vite faites que l’on trouve sur Internet, le film fait preuve d’intelligence dans le montage et propose une narration thématique ou esthétique. Le réalisateur a privilégié des événements complètement bizarres plutôt que les accidents, ce qui est une bonne chose. Il y a aussi le fait que ce soit sous-titré en français, ce qui permet de mieux saisir l’atmosphère du moment.


Fucking in love, Justine Pluvinage, 2014

La documentariste française Justine Pluvinage s’attache depuis ses débuts à capter l’intime. Après avoir vécu neuf ans avec le même homme (depuis ses dix-huit ans), la jeune femme fait le constat qu’elle s’ennuie dans sa sexualité. Elle décide alors de partir pour New-York à la recherche de nouveaux horizons amoureux. Sur place, elle se découvre une libido exacerbée et elle multiplie les rencontres au hasard, avec des hommes principalement. Ceux-ci s’interrogent car elle garde constamment sa caméra en main pour documenter son « expérience ».

Le film provoque des sentiments partagés. Côté positif, on sent vraiment cette libération au début, alors qu’elle était captive d’une sexualité que l’on devine sage et répétitive. Avec son côté « cash », elle reçoit ce qu’elle émet : spontanéité et honnêteté. On ne sait pas s’il y a eu des échecs coupés au montage, mais toutes ses relations semblent bienveillantes. C’est avec Dave qu’elle passe le plus de temps et qu’elle découvre de nouvelles choses comme l’éjaculation féminine. Le jeune homme se livre énormément à la caméra, révèle ses pensées du moment, livre des témoignages intimes. On comprend assez vite que Dave tombe amoureux de Justine mais qu’en est-il de la réciproque ? Car la jeune femme ne lui a visiblement rien promis mais n’a pas non plus communiqué sur ses intentions. D’ailleurs, à force de multiplier les rencontres, elle finit par s’ennuyer aussi et décide de rentrer en France.

En conclusion, c’est assez étrange de la voir se libérer d’une barrière pour en trouver une autre. En ce sens, ce voyage semble être un échec. Néanmoins, le film vaut pour ses témoignages filmés dans l’intimité d’une chambre à coucher ou le flou d’une salle de bains. Il montre les différentes approches et attentes que chaque personne a concernant la sexualité.


Wetlands (Zones humides), David Wnendt, 2013

Il s’agit d’une comédie « romantique » mais aussi et surtout scatologique et qui passe aussi par tous les fluides corporels. La première demi-heure est trash à souhait et nous montre le quotidien d’Helen. Cette dernière a subi une éducation trop hygiéniste dans sa jeunesse. Par rejet, elle est maintenant attirée par tout ce qui est « sale ». Elle n’hésite pas à frotter son derrière sur une lunette de toilette publique souillée, elle utilise ses sécrétions vaginales pour se parfumer. Alors qu’elle se rase l’anus, elle se blesse et doit subir une opération chirurgicale…

Le film est un joyeux bordel et c’est peut-être le point négatif. Le récit multiplie les personnages secondaires parfois simplement esquissés et qui ne servent pas vraiment au récit. Le film hésite aussi entre son thème principal (le corps et ses fluides) et des considérations plus psychologiques. Helen tente absolument de rabibocher ses deux parents divorcés alors que ceux-ci sont toxiques à tous les points de vue. Le côté trash et sale est aussi pas mal exagéré et traité avec trop de légèreté. D’un côté, ça permet d’aborder un sujet tabou mais c’est tellement abusé qu’on n’en vient à ne plus trouver ça crédible. Cela dépendra des sensibilités, mais certaines scènes atteignent des sommets dans le dégueu cracra.

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