Court-métrage : Ô bal démasque

 248 total views,  3 views today

La soirée du 29 septembre 2021 est consacrée toute entière à l’animation.

Ronde de nuit de Julien Regnard, se déroule au cours d’un nuit noire d’hiver. Un couple sort d’un manoir où a lieu une réception. George et Christina se disputent. Alors qu’ils prennent la route, un accident se produit. Georges se réveille, hébété. Son épouse n’est plus là. Il va se mettre à sa recherche.

Avec des traits fins et minimalistes, un noir & blanc contrasté, le film séduit instantanément par son graphisme épuré et suave. Tout y est beau. Quant au scénario, il faut avouer qu’il lorgne pas mal du côté de Stanley Kubrick. L’atmosphère lourde, la neige omniprésente et le manoir isolé font penser à Shining. Lorsque Georges entre dans la bâtisse, il est victimes d’étranges visions rappelant les orgies masquées d’Eyes Wide Shut. Est-ce un hommage ou une inspiration trop appuyée ? A chacun de se faire son jugement. Pour ma part, le côté visuel m’a emballé et offre une belle proposition de cinéma animé.


Affaires of the Art, de Joanna Quinn et Less Mills, est un court canadien. Animé à l’ancienne, avec d’épais traits de crayon et des couleurs pastels, le film a un style adapté pour croquer le portrait de jeunesse de cette famille aux obsessions étranges. Une attention particulière est portée à l’animation des corps, souvent imposants, mis en valeur par un trait très organique et dynamique. On pense un peu aux œuvres de Bill Plympton.

Si Beryl est passionnée par le dessin depuis sa jeunesse, sa sœur Beverly a d’autres centres d’intérêts plus macabres. Elle n’hésite pas à faire preuve de cruauté envers les animaux. Fascinée par la mort, cette savante folle en herbe torture dans un but scientifique.

A la fois tendre et cynique, drôle et inquiétant, le film évoque à la fois la curiosité sans borne de la jeunesse et les compromis faits pour trouver sa place dans la société une fois que l’on devient adulte.

Le court-métrage a déjà gagné le prix du meilleur film d’animation au Festival de Clermont-Ferrand 2021.


Black sheep boy, de James Molle, se présente comme un jeu vidéo « 8 bits » des années 80. Fait de gros pixels, d’un nombre réduit de couleurs criardes et quelques sons caractéristiques des ordinateurs d’alors, le film raconte pourtant une histoire philosophique à mille lieux des shoot’em up de l’époque.

Un garçon très triste quitte sa maison et sa compagne pour trouver une raison de vivre. Il apprend qu’un « lion sage » pourrait lui apporter des réponses. La narration est – évidemment – basée sur un système de niveaux. Chaque niveau est représenté par une scène avec de nouvelles épreuves. Et chaque niveau apporte son lot de surprises. Avec une succession de décors abstraits et de personnages surréalistes, le film promet un voyage vers l’absurde. Au final, on a de plus en plus d’interrogations et de moins en moins de réponses.

L’animation et le dessin qui ont l’air basique (mais ce n’est qu’une impression) offrent un intéressant contrepoint aux questionnements existentiels et compliqués du personnage.


No I don’t want to dance, d’Andrea Vinciguerra, est un petit (moins de trois minutes) concentré d’humour avec des personnages cousus et tricotés main. Sur fond d’un même morceau de techno, plusieurs situations dégénèrent alors que les gens se mettent à danser. Danser n’est pas si anodin, semble être la morale de ce film.


Dans Night Bus, du taïwanais Joe Hsieh, une galerie de personnages étranges monte à bord du dernier bus de la nuit. Le dessin et l’animation sont naïfs (du coloriage aux crayons de couleur?) mais le graphisme fourmille de détails, ce qui donne une impression d’inquiétante étrangeté.

Une vieille dame se fait voler son précieux collier. Un homme est démasqué puis un peu trop rapidement jugé coupable, avant d’être frappé puis attaché. Roulant au bord de la mer, par une nuit de pleine lune et sans aucun autre véhicule aux environs, le bus semble être un lieu propice au déferlement de violence. Les apparences sont trompeuses et le masque tombe pour chaque passager. Le récit nous emporte alors dans une spirale de violence toujours plus gore, jusqu’à devenir drôlement grotesque.

Nous avons là une belle sélection avec une large variété de styles de graphisme et d’animation. Chaque spécimen apporte à sa façon une bonne dose d’étrangeté et d’humour noir.

0 commentaires sur “Court-métrage : Ô bal démasque”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.