Lamb de Valdimar Jóhannsson

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Enfilez vos chaussettes norvégiennes et vos gros pulls en laine. Lamb vous emmène pour un voyage dans l’austère et mystérieuse lande islandaise, là où il se passe des choses bizarres.

Dans une ferme complètement isolée, Maria et Ingvar sont un couple d’agriculteurs élevant des moutons. Un jour, ils sont témoins d’une naissance un peu atypique : une créature mi-brebis mi-humaine. Ils décident alors d’élever le bambin comme si c’était leur propre enfant.

Malgré des effets spéciaux soignés, il est difficile d’opérer une suspension d’incrédulité sur ce film. Alors que la créature est totalement surréaliste, l’homme et la femme paraissent bien calmes et peu choqués par cette apparition. Il y a donc un sacré décalage entre l’acceptation des protagonistes et le spectateur qui se dit plutôt : WTF ! Mais ce film doit être vu comme une fable car c’est sa vraie nature. Mettons donc de côté notre crédulité comme si Marlène Jobert nous racontait l’histoire des sept biquets.

Visuellement, le film est superbe et malgré les grands espaces, il nous enferme dans une sorte de huis-clos vaguement anxiogène. Rien ne pousse dans cette vallée cernée par des montagnes enneigées et balayée par les vents. Rien sauf un tapis d’herbe nécessaire au nourrissage des moutons. Au milieu de ce désert dont la froideur est renforcée par une photographie désaturée, le couple et la ferme constituent un cocon tout chaud. Bien que tout soit terne alentours, ce noyau familial réchauffe le cœur et de là naît l’émotion. Car malgré la bizarrerie du mutant, celui-ci devient peu à peu sympathique du fait de son innocence, commune à sa nature humaine et animale. C’est probablement là le point fort du film. Alors que dehors, tout est rugueux, minéral et hostile, les scènes d’intérieur sont toujours organiques, invoquant la chair et le sang, la maternité et la sexualité.

Le récit est assez court et ne nécessitait peut-être pas d’être étalé sur un long-métrage. Cependant, les scènes familiales avec l’agneau bébé mimi sont riches en émotion. Le réalisateur nous gratifie également de très beaux plans sur cette campagne islandaise hors normes. Noomi Rapace, comme d’habitude, fait parfaitement le job, ici en tant que mère protectrice. La conclusion est assez attendue (on est dans un conte) mais elle reste un petit choc visuel remarquable.

Lamb, sortie au cinéma le 29 décembre 2021

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