La Balance, de Bob Swain


Le Chat qui fume fait un travail de restauration incroyable depuis le milieu des années 2000. Gialli, ozploitation, films d’horreur américains et japonais entres autres, l’éditeur effectue un réel passage en revue de tous les cinémas de genre. Le cinéma français n’est pas en reste évidemment. L’éditeur propose un très beau coffret UHD/Blu-Ray de La balance de Bob Swain (1982), un classique du cinéma de genre français et un réel succès commercial à sa sortie.

Au début des années 1980 dans le quartier de Belleville à Paris, un homme est assassiné. Il s’avérait être un des meilleurs indics de la police. L’inspecteur Palouzi et ses compères essaient de faire de Dédé (Philippe Léotard), la nouvelle balance pour attraper un trafiquant de drogue dont l’activité de façade est un restaurant. Pour parvenir à leur but, les policiers mettent la pression sur la petite amie prostituée de Dédé.

Le début du film part sur les chapeaux de roue. Un règlement de comptes à Paris dans une rue sordide reconstituée en studio. Un générique haut en couleurs annonce une décennie très colorée à la musique riche en sonorités clinquantes de tous les instruments. Très vite, le film inspire une réelle nostalgie du cinéma français du début des années 1980 liée très certainement à mon âge de boomer !

Des cascades, des claques, des baffes, de la bagarre, les rues montrées par la caméra en travelling, en panoramique, caméra à l’épaule. Quel plaisir de redécouvrir un Paris d’époque lors de la première arrestation, pour montrer la brigade de Palouzi en action (à pied et en voiture) ou pour montrer les méthodes presque illégales utilisées pour forcer Dédé à devenir la nouvelle balance ! Les rues de Paris sont magnifiées par la mise en scène de Bob Swain qui arrive à capter l’énergie de la ville. Le spectateur reste ébahi par ce qu’était Paris : de réels quartiers populaires aujourd’hui disparus, plus de voitures. Cependant un aspect fait vieillir le film : ce sont les mots racistes très employés tout au long de cette œuvre populaire. Eh oui c’était ça aussi les années 1980 : le fluo et les blagues de (très) mauvais goûts de Michel Leeb… Une autre époque !

Le film a néanmoins d’autres qualités. Les acteurs sont excellents et portent le film du début à la fin. Philippe Léotard est comme d’habitude magistral et incarne très bien ce petit proxénète amoureux sans réelle ambition. Sa petite amie est jouée par Nathalie Baye qui est très charismatique. Le premier plan où elle apparaît est en raccord avec son métier !  Le réalisateur insiste longuement sur le séant de l’actrice en robe par un travelling avant vraiment long. Maurice Ronet est impérial dans un de ses derniers rôles au cinéma. Il interprète Maurice Massina dit Maurice de Belleville, un baron de la drogue sans scrupules et prêt à tout pour échapper à la police. Les seconds rôles sont tous aussi bons tant chez les policiers (Christophe Malavoy notamment) que chez les petits malfrats (Tchéky Karyo est vraiment impeccable). Richard Berry, l’inspecteur Palouzi, est très bon lui aussi. Il en fait des caisses et a une attitude de cowboy tout au long du film. Incroyable !

Ce personnage de flic à l’attitude plus ou moins réglo caractérise très bien ce polar dynamique. Le cinéma populaire a bien changé. Que de générosité dans ce film où les scènes d’action s’enchaînent ! Des poursuites en voiture, des bagarres au point de voir la mort surgir (pauvre Florent Pagny tombé dans une traquenard !) et une chasse à l’homme à la fin du film ! Cette mise en scène a bousculé les codes du polar en France qui se transformait depuis les années 1970 (avec les films de Melville).

L’édition du Chat qui fume rend encore une fois hommage au film de genre français  en proposant une édition restaurée magnifique de La balance (le 4K est absolument incroyable, il rend hommage au 35 mm) et permet de (re)découvrir une œuvre originale qui mériterait une nouvelle sortie dans les salles obscures et un nouveau passage sur TF1.


A propos de Mister K.

Adorateur de Jean - Pierre Dionnet et des ses émissions cultes Cinéma de quartier et Quartier interdit, Mister K. aime le cinéma bis. Râleur et amateur de sensations fortes au cinéma (Anthropophagous entre autres), il viendrait d’une contrée lointaine (chère à Marine Le Pen) appelée Haute - Marne.

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