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A la première vision des Anges Exterminateurs, je me suis dit que j’avais vu là un bon film, beau, intriguant, ne versant pas dans le vulgaire. Mais je n’ai pas pour autant perçu l’exceptionnelle transcendance du sujet.
Puis j’ai participé à la rencontre avec le réalisateur Jean-Claude Brisseau (au vidéo-club Hors-Circuits, Paris XI). Premier constat : nombreuses et unanimes sont les femmes à reconnaître ce film comme le premier à avoir pu cerner le plaisir féminin.
Deuxième constat : d’après les rencontres et les anecdotes qu’a pu récolter Brisseau depuis des années, il s’avère, à mon humble surprise, que beaucoup de gens (de femmes) découvrent à travers ce film qu’il est normal de se masturber ou de penser à des choses “osées” ; et qu’ils/elles ne sont donc pas victimes de ce trouble psychologique qu’ils cachaient depuis si longtemps ! Soulagement ! Ce trouble n’en est finalement pas un !
En tant que lectrice ou lecteur de Cinétrange, vous ne vivrez certainement pas le film de cette façon ! Mais il est important de souligner cette étrange utilité du film.
Pour en venir au film en lui-même, l’intrigue se base sur l’histoire d’un réalisateur cherchant des actrices pour un film sur le plaisir féminin, pour des rôles érotiques donc. Brisseau parvient aisément à réaliser un film avec des femmes presque constamment nues sans tomber dans le travers de la vulgarité. Les actrices, dans leurs rôles d’actrices néophytes, sont convaincantes. Elles jouent très bien ce malaise naturel qui se transforme en aisance au fur et à mesure des expériences. Les femmes sont belles. Leurs expériences de plaisir sont intrigantes et font quasiment oublier aux hommes de penser à se concentrer sur leurs poitrines.
Mais que nous apprend le film ? Pas tant que ça, après tout. Pourtant il semble que parfois on passe à côté des évidences et qu’il peut être utile de les rappeler. Et la question est plus complexe et subjective qu’il n’y paraît.
Je citerai l’idée que le fait d’être vue ou observée, si on arrive à le surpasser, devient un catalyseur, un excitant. Pas une idée nouvelle donc. Mais bien développée par Brisseau.
A ce sujet, je pense qu’il n’a pas été noté que cette étude du plaisir féminin est aussi une étude du plaisir humain tout simplement.
Brisseau ne s’est intéressé qu’aux femmes, il n’a pas cherché à comprendre ou à comparer le plaisir masculin. Le film se veut bien être une étude du plaisir féminin. Mais par effet de bord, il touche les hommes dans une certaine mesure.
Pour un homme aussi, les expériences exhibitionnistes pourront probablement lui apporter un certain plaisir.
Les expériences du film seraient bien sûr beaucoup plus difficiles à tenter pour des hommes. Il y a d’abord les raisons culturelles du culte de la virilité : le fait que les femmes nues et les lesbiennes sont bien plus admises que les gays, en particulier dans les films pornos, mais dans la société en général. Idem pour ce qui serait d’affirmer que les hommes peuvent encore apprendre comment prendre du plaisir.
Ensuite, la nature technique du plaisir n’est pas la même chez les hommes non plus et ça y change sans doute beaucoup. Mais il me semble que ce film n’est justement pas d’ordre technique.
Les hommes sont quelque peu écartés de ce film. L’explication est bien sûr que les femmes sont mieux à même de savoir comment donner du plaisir à une autre femme. Mais il ne faudrait pas non plus prendre cela comme l’unique vérité.
D’autant que ce film traite plus de la question d’être à l’aise, de penser à son propre plaisir, d’oublier ce qui se passe autour de soi, que de la recherche d’un point G ou d’un exploit physique.
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Les images sont érotiques. Les parties fantastiques qui se collent sur l’intrigue de base apportent une beauté et un mystère, amplifiant l’idée que le plaisir féminin est vraiment mystérieux.
Ce film ressemble incroyablement, dans sa forme, à l’excellent De Bruit Et De Fureur (1986) d’il y a vingt ans (ce dernier traitait d’un tout autre thème, la vie difficile d’un jeune garçon vivant en banlieue, avec une touche de fantastique aussi). Le côté érotique, le plaisir et les expériences féminines ne sont pas sans rappeler, quant à eux, Choses secrètes (2002), du même réalisateur. Brisseau avait donc probablement bien maturé ce film, même s’il indique avoir changé le montage jusqu’après le tournage (allégeant la part du fantastique).
Le fantastique est un artefact qui, à la fois, se glisse allègrement dans l’histoire, et à la fois ne semble pas nécessaire. L’intrigue fantastique et sa construction tragique n’apportent rien directement à la question du plaisir féminin, mais permettent cependant d’insérer des commentaires off (selon les règles de la tragédie) et d’amener la déchéance du réalisateur qui est de plus en plus évidente et inéluctable.
Brisseau savait bien de quoi il parlait, puisque son film s’avère raconter plus ou moins sa propre histoire, a posteriori. Quelques ennuis juridiques et des critiques acérées et polémiques ont été le lot du réalisateur et de son équipe.
La dimension tragique et fantastique servait donc à insérer en filigrane cette critique de la société sur ses positions par rapport au sexe, et au plaisir. Une critique de l’autocensure du cinéma qui déteint sur le public. Car finalement, ce film ne fait que parler d’une chose “banale” : le plaisir (sexuel).
Dvd disponible chez Blaqout
Après une mission longue durée, une équipe d’astronautes menée par le Dr. Ivan Hood, revient sur Terre. Ils découvrent avec surprise que des termites extra-terrestres ont asservi l’humanité. Le Dr. Hood va alors tenter de rejoindre la résistance et d’organiser une contre-attaque…Nanar SF conduit par l’imposante carrure de Bruce Campbell, Alien Apocalypse est un film aux effets cheaps mais rigolos, tout comme les dialogues, tout comme la réalisation, tout comme le scénario. Ne soyez donc pas surpris si quasiment toute l’équipe se fait décimée dans le premier quart d’heure sans raison apparente si ce n’est quelques moments de violence gratuite !
Malgré un amoncellement de clichés, ce Braveheart version termite from outer space se laisser regarder avec un certain plaisir. Certes, le charisme de Campbell y est pour beaucoup et même s’il tourne ici à vitesse réduite, quelques dialogues bien envoyés suffisent.
Ce n’est pas tout bien entendu et l’on trouve ça et là des moments de grands délires : le héro est un osthéopathe de formation (c’est assez rare pour le souligner), les termites aiment le bois (ça on s’en doutait) mais les créatures en synthèse rafistolée sont aussi friandes de doigts ou de têtes humaines qu’elles gobent volontiers.
Avec un foret à bois, le docteur doit lever une armée, qu’il compose avec des hurlu-berlus trouvés dans la forêt : un type à la colonne vertébrale tordue, une jeune naïve en jupette préhistorique, et un président déchu en exil dans la montagne avec ses potes politiciens.
Le film se termine par un attendu massacre où le vert gluant qui gicle tient une place prépondérante !
Le dvd contient deux courts-métrages très curieux. Le premier, Oedipus Rex, a été tourné en 1972 sans aucun moyen par des enfants de 15 ans dont Bruce Campbell ! Il s’agit d’une scène inspirée d’oedipe, jouée par des gosses qui n’arrêtent pas de rire. Le film est muet mais les explications sont écrite sur le tableau de classe !
Le deuxième intitulé, the blind waiter, est un peu plus sérieux même si toujours anecdotique. Plus sérieux au niveau du tournage car l’on imagine sans peine les nombreuses péripéties qui peuvent arriver à un serveur aveugle. Le plus intéressant est certainement le fait que c’est l’équipe d’Evil Dead (Sam Raimi, Bruce Campbell, Scott Spiegel) qui écrit, réalisé et interprète ce court-métrage.
Editeur : Free Dolphin
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Nouvel animé à la mode, Ergo Proxy séduit par son univers visuel très riche et son image peaufinée. Le design semble en effet le premier souci des auteurs de cette série, qui évitent les couleurs criardes habituelles de l’animé pour ados, et se dirigent vers des teintes grisâtres en adéquation avec l’histoire. L’animation est elle aussi très soignée et la qualité n’a rien à envier à un “vrai” film.
Mais tout ce déballage de technique pour quoi faire ? Ergo Proxy s’inscrit en fait dans la lignée d’animé SF comme Lain ou Ghost in the shell. Nous retrouvons des obsessions typiquement nippones : ainsi les Autoreivs sont une sorte de cyborgs. Infectés par un virus, ils semblent développer une “âme”. La série pioche également dans les thèmes classiques de l’anticipation. Une vie futuriste se déroule sous un dôme protecteur (la cité de Romdo) ultra-contrôlé par un “big brother” tout puissant.
Romdo est donc un milieu urbain confiné. Le système en place est bien huilé et tout y est prédéterminé afin que la race humaine puisse subsister et prospérer sans aucune violence. Tout se passerait pour le mieux s’il n’y avait pas des meurtres étranges. Les autoreivs (un équivalent de cyborg) semblent touchés par un virus qui les rend incontrôlables.
Une inspectrice nommée Re-l (au look gothique) commence son enquête pour le compte de la “sécurité”. Elle est alors attaquée par un “proxy”, un horrible monstre apparemment invincible. Pourtant il ne la tue pas. Quel est son but ? D’où vient-il ? C’est ce que va chercher à savoir Re-l. Son investigation va la mener en dehors du dôme, où des rebelles tentent de survivre dans la misère.
Ergo proxy est difficile d’accès au premier abord. Nous sommes projetés dans l’intrigue sans présentation des règles qui régissent la cité et les personnages se développent au fur et à mesure. Nous ne sommes pas pris par la main et c’est à nos méninges de comprendre - progressivement - comment tout cet univers fonctionne et ce qui peut bien s’y passer.
En acceptant cela, on découvre alors un univers effrayant et complexe. L’intérieur du dôme est contrôlé au maximum, tandis que l’extérieur ressemble à une décharge grisâtre où survivant quelques sdf (les exclus du dôme). Mais le monde s’étend bien au-delà de ces deux endroits… I
Malgré un scénario qui use des éléments habituels de SF, Ergo Proxy séduit par son ambiance pessimiste. Ce n’est pas un festival de scènes d’action spectaculaires mais plutôt un voyage à l’atmosphère pesante, qui prend différents chemins et tente de répondre à des questions métaphysiques. Bien sûr, quand l’histoire le nécessite, il y a du gunfight et quelques moments un peu gores !
Si le premier volume expose la cité de Romdo et ses environs proches, la deuxième salve d’épisodes s’attache à suivre Vincent Law, ennemi de Romdo et d’un proxy, vers sa cité natale et vers l’origine mystérieuse du Proxy. L’intrigue avance rapidement mais plus on progresse, plus nombreuses sont les questions.
DVD disponibles chez Dybex.
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Question pour un champion Cinétrange. Top départ… Je suis un film d’épouvante spéléologique. Je date de 2005. Je suis… Je suis… Hé non, Jeannette, bien essayé mais ce n’est pas The Descent. Il y a de fortes présomptions que vous répondriez tous de même, et de fait, sortit au coude à coude avec le film de Neil Marshall, La Crypte s’est complètement perdue dans ses galeries souterraines.
Dans la chaîne des Carpates, une petite bande de pilleurs se retrouve ensevelie sous une église du treizième siècle aux fresques et mosaïques assez sinistres. Trente ans après l’éboulement, une équipe de plongeurs spéléologues professionnels avec matos de pointe est dépêchée sur ce lieu pour explorer une caverne immense. L’église était une porte d’entrée sur une “Salle des Titans”, point de départ d’un réseau qui s’étend sur des kilomètres de galeries noyées. Le premier éclaireur jette une tête de pont, mais la communication avec celui-ci étant rompue, la fine équipe se rend à sa recherche. Elle se retrouve bloquée à un kilomètre six sous la surface, la galerie d’entrée bouchée. Dans les siphons, une chaîne alimentaire en vase clos s’est développée. Comme c’est un jour sans, au-dessus de la chaîne dominent des gargouilles qui chassent par écholocation comme les chauves-souris. Toutefois elles sont vachement plus balaises que les pipistrelles ! Ce sont des bestiaux hauts de trois mètres avec un air très Pitch Black. D’ailleurs, Cole Hauser est de la partie (le chasseur de primes toxico sans foi ni loi dans l’épatant actioner S-F d’épouvante de David Twohy). Plongée dans un environnement hautement hostile.
Il serait vain de comparer les deux métrages. N’y cherchez pas la grande trouille, La Crypte (The Cave) jouant plus la carte de l’action et l’atmosphère. Loin d’être aussi éprouvant que le cri primal de Marshall, la série B du jour est le film moyen en tout dans ses grandes largeurs. Bruce Hunt s’est contenté du Manuel illustré du Classicisme dans le Monster-Movie et n’a pas cherché plus loin. De plus, ça vise clairement l’interdiction aux moins de douze ans : Zéro gore. Ils ont sucré “à la frappe” tous les éléments chocs prévus. Les pipistrelles géantes ont un bon petit design caractéristique de Patrick Tatopoulos avec une bonne tête d’Aliens, toutes dents en avant, encore faut-il les distinguer dans toute cette obscurité. Le scénario fut écrit entre 1994 et 1995, il aura donc fallu dix ans pour le concrétiser. Il offre ses quelques surprises gentillettes et un brin de suspense (la scène de l’escalade). Il serait cependant trop commun si ce n’était une idée originale basée sur l’infection parasitaire, plutôt survolée sauf pour une conclusion surprenante. Très bon point, les acteurs se sont physiquement dépensés et dépassés pour représenter l’univers peu connu de la “spéléo-plongée”, un métier à haut risque. C’est peu de le dire, la mortalité étant très élevée. La Crypte rend hommage à ces aventuriers.
La Crypte (The Cave) de Bruce Hunt avec Cole Hauser - Morris Chestnut - Eddie Cibrian - Rick Ravanello - Marcel Lures - Lena Headey - Piper Perabo - Kieran Darcy-Smith