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Une petite fille est en train d’être bordée par sa maman. Le père les rejoint et fait peur à la petite : si tu n’es pas sage, Monsieur Méchant va sortir de sous ton lit ! Mais le papa est interrompu par un coup de fil de sa maîtresse… A la nuit venue, Monsieur Méchant apparaît effectivement : il a des chicots, une hache et il n’est pas content du tout. Il va devoir trancher dans le vif.

Le film de Fabrice Blin reprend la structure d’un conte classique. L’enfant est prévenu par les adultes de ne pas s’écarter du droit chemin. Il transgresse, se met en situation de danger mortel et finit par survivre in extrêmis. Ceci lui permet de tirer une morale et de sortir grandi d’une expérience imaginaire. Bien entendu, le réalisateur ne garde ici que la structure car la cible du croque-mitaine n’est pas vraiment l’enfant. Ce détournement permet à l’auteur de pratiquer un humour noir qu’il semble affectionner particulièrement. On retrouve cet esprit de vilain farceur dans son précédent court, intitulé Lobotoman, où un super-héros a comme pouvoir spécial d’être très très stupide. Ainsi il sauve un voyou qui se fait agresser par une petite vieille ! C’est court, efficace et très drôle.

De l’animation, Fabrice Blin a conservé sa précision du cadrage et l’économie de plans. Rien n’est gratuit et le récit avance tout à fait naturellement. Côté technique, l’affaire est maîtrisée de bout en bout grâce à une mise en scène sobre, sans artifices inutiles, mais qui va droit au but. On retiendra en particulier la composition musicale originale qui, grâce à ses cordes stridentes, nous place délibérément dans une fiction. L’ambiance mise en place rappelle instantanément le film d’épouvante classique. Et en ces périodes de mode survival/slasher/torture movies, le premier degré de Monsieur Méchant, du coup presque naïf, fait plaisir à voir.

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Se lancer en Suisse dans le cinéma de genre, à vocation horrifique qui plus est, j’imagine que cela doit être le parcours du combattant. Comment y parviens-tu ?
On y parvient en refusant d’abandonner et en se disant qu’on va bien réussir à vaincre tous les obstacles. Il est vrai que c’est pas facile, le cinéma de genre n’étant pas forcément toujours apprécié par les instances vers qui on va chercher de l’argent. On a un peu l’impression d’être les vilains petits canards dont il ne faut pas trop parler. C’est clair qu’on ne fait pas Dead Bones pour aller à Cannes, Berlin ou Venise. Donc on se débrouille par nous-mêmes. Heureusement j’ai beaucoup de soutien dans ma ville, Neuchâtel, de la part du Fonds Cinéma et de la Loterie notamment. Mais au final on est bien obligé d’y mettre des sous de sa poche.

Tu as été un élève de de la London Film School et le réalisateur Adam Mason était ton camarade de classe. Son film The Devil’s Chair vient juste d’avoir une sortie DVD en France. L’aurais-tu vu ?
On a même été collocs pendant six mois ou plus avec Adam. Je me souviens de dimanches après-midi passés avec lui à disserter sur Se7en. J’avais aussi fait assistant sur un de ses courts, un truc de SF. L’année passée, en revenant du festival de Palm Springs, j’étais passé le voir à Los Angeles et il m’avait montré une version quasi terminée de Devil’s Chair. Je l’ai acheté l’autre jour et revu. Je suis pas totalement convaincu je dois dire. Le film me semble un peu paradoxal avec cette, disons, mise en abîme. Mais difficile d’en parler plus sans spoiler le film. Par contre, l’acteur Andrew Howard est vraiment bien. Et le chef op du film, Ole Birkeland, avait éclairé mon film de diplôme à la London Film School en fait.

Après l’expérience acquise sur Dead Bones, comment évalues-tu, avec le recul, ton court-métrage précédent (Naufrage) ?
On ne voit en général que les défauts de nos films, donc c’est toujours un peu difficile de les revoir des années après. Mais c’est sans doute le plus personnel de mes quatre courts.

À ses prémices, le projet de Dead Bones devait avoir l’air d’un pari un peu fou. Pourtant, tu envisageais déjà de filmer à Almeria (à Tabernas très exactement) avant même le premier traitement.
Oui et non. Le projet s’est muté en pari fou au fur et à mesure. Au départ, il y avait une idée de tourner en Espagne, suite à des discussions avec Adan Martin, le co-producteur espagnol. Tabernas s’est imposé dès le début comme lieu de tournage pour un western. Après on a visité les trois studios du coin afin de faire notre choix. Et Fort Bravo était le plus délabré, donc celui qui avait le plus de gueule.

Tu as commencé à écrire le premier jet en avril 2007 sous le titre de travail de « The Western Project ». Pourrais-tu nous dévoiler des détails sur sa conception ?
Difficilement en fait. J’avoue que ça remonte à loin pour moi. Il faudrait que je relise le premier draft pour répondre à ta question précisément. Le premier draft était intitulé Alive et il y avait tout un truc qui tournait autour du personnage de Fred et le fait qu’il soit “dead or alive”, etc… Mais ça a finit par gicler du shooting script. Et Dead Bones ça sonne quand même bien plus cool, non ?

Pendant l’écriture, qu’elles étaient tes références concernant le western ?
J’essayais de ne pas en avoir de trop précises. Le but n’était pas de faire dans la parodie évidemment. J’ai montré des westerns par la suite à ma costumière, à mon chef op et autres pour avoir des références immédiates pour nos discussions, mais pendant l’écriture j’essayais de pas trop y penser. Non, si il y a un film qui me trottait un peu dans la tête à l’écriture c’était Bring me the Head of Alfredo Garcia (Ndlr : de Sam Peckinpah).

Et celles concernant le film d’horreur ?
C’est un peu pareil. Bon là, forcément tu fais un film de grottes, tu penses tout de suite à The Descent, mais au final tu tentes juste de pas trop penser à ces films, sinon ça finira par te bloquer.

Tu as bénéficié de l’apport d’acteurs confirmés : Arie Verveen (Sin City), Frédéric Landenberg et Ken Foree (Dawn of the Dead). Comment les as-tu fait adhérer au film ?
Pour Fred, j’avais déjà eu un projet d’adaptation de comics avec lui. Projet qui était tombé à l’eau. Ca n’a pas été compliqué de le motiver pour le projet: il est fan de western et d’horreur et voulait depuis longtemps jouer un “méchant”. Pour le barman, je dois avouer que ma première idée était Franco Nero. Il nous a répondu qu’il était prêt à faire notre court mais…. si il avait le rôle principal. Donc bon, le rôle était écrit pour quelqu’un dans les 35 ans, mon idée c’était pas vraiment de faire Unforgiven 2. Bref, on lui a dit que ça jouait pas. Annick Mahnert, la co-productrice avait fait connaissance avec Ken au festival de Sitges et me demande ce que je penserais de l’avoir dans le film. Ma réponse était évidente, Annick lui a filé le script et il a tout de suite accepté. Pour Arie, on s’est dit qu’on n’avait rien à perdre à essayer. Il m’avait marqué dans The Thin Red Line. Annick lui a envoyé le script, il a tout de suite voulu faire partie du projet, et après on a fait des propositions financières dérisoires à son agent et au final ça a marché !

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Après une guerre nucléaire, Marie, isolée depuis bien trop longtemps dans un bunker, décide de mettre fin à ses jours…

Avec une douzaine de volontaires dans l’équipe, près de 4000 euros en poche, et un maximum de volonté, Paul Doucet entame le montage de son court-métrage sobrement intitulé Bunker qui devrait se voir finalisé pour le mois de janvier 2009. Une tentative de film post-apocalyptique dans l’hexagone, genre rarissime s’il en est, mérite bien un focus.

Entretien avec Paul Doucet

Bunker est ton quatrième court-métrage, peux-tu nous évoquer les précédents ?
En fait, Bunker est seulement mon premier VRAI court métrage. Ce que j’ai pu tourner avant était d’un tel amateurisme que l’on peut difficilement considérer ça comme des vrais courts. J’avais envie de passer à la vitesse supérieure en ayant un vrai script (et non pas une vague idée), de vrais acteurs (et non pas des potes jouant encore plus mal que Virginie Ledoyen) et du vrai matos (et non pas ma petite caméra DV toute pourrie). Donc j’ai galéré pas mal pour essayer de monter des projets qui étaient bancals, pour finir par monter le projet Bunker.

Tu as présenté Bunker comme étant ton premier court-métrage semi-professionnel. Comment définirais-tu cette notion de semi-pro ?
Semi-pro pour moi, c’est « comme pour de vrai ». Avec de vrais moyens, une vraie pré-prod, une vraie post-prod, et une vraie équipe que j’exploite lâchement en ne la rémunérant pas. Blague à part, c’est surtout la volonté de proposer un résultat final particulièrement léché et qui puisse servir de bande démo à une bonne partie de l’équipe. Et surtout, je l’espère, qui rencontre un public.

D’où te vient l’idée de ton court ?
Voulant m’auto-produire j’avais plusieurs contraintes : essayer de limiter les décors, ainsi que le nombre d’acteurs. Je me suis donc tourné vers le huis clos. Et là je me suis posé une question bête : qu’est ce qui serait encore plus huis clos qu’une scène entre deux protagonistes. Et j’ai trouvé une réponse encore plus bête : un huis clos avec une seule personne. Ou presque. Il y a bien sûr un Deus Ex Machina pour créer les enjeux et faire monter la pression. Malgré ce parti-pris casse gueule, le résultat marche sur le papier, reste à voir si ça fonctionne sur grand écran…

Tu citais Fallout, la célèbre série de jeux post-apocalyptiques. Comment t’en es-tu inspiré ?
J’ai toujours aimé le post-apocalyptique. Plus que Mad Max, c’est vraiment les jeux Fallout 1 et 2 qui m’ont fait aimer le genre. En voyant que le troisième épisode commençait à puer sévèrement en trahissant l’univers original, je me suis dit « Et si je faisais un Fallout non officiel, un film inspiré de, sans toutefois s’inclure précisément dans cet univers ? ». C’est ce qui a influencé Bunker. J’ai mis quelques clins d’oeils qui parleront aux joueurs, mais qui ne sont pas nécessaires à la compréhension.

Quels sont tes films post-nuke favoris ?
Bonne question. J’ai un amour immodéré pour les nanars italiens fauchés, mais je crois que rien ne vaut Mad Max. C’est âpre, violent, sans concession et c’était une bonne claque quand c’est sorti. Mais je pense que le film ultime dans le genre du post-apo reste encore à faire… Dans une certaine mesure (puisque l’apocalypse vient d’une maladie et non du nucléaire) 28 semaines plus tard est un film que j’aime beaucoup également.

Quels sont tes réalisateurs préférés ?
Un peu dur d’en citer un en particulier. J’aime beaucoup le travail quasi mathématique de James Cameron avec des consonances philosophiques, j’aime bien Spielberg quand il ne se prend pas les pieds dans le tapis, j’aime beaucoup Raimi et Jackson… Ce n’est pas très original, mais ce que j’apprécie chez eux, c’est leur capacité à sublimer un sujet lambda en y insérant des obsessions personnelles.

Comment avez-vous pu tourner dans un véritable bunker allemand de la seconde guerre mondiale ?
Le bunker n’a pas été trop dur à trouver. Il existe des forums de passionnés qui ont su m’orienter. J’avais deux exigences : avoir suffisamment de pièces différentes et avoir l’électricité. Quand je vois le résultat à l’image, je me suis dit qu’on pouvait difficilement mieux tomber qu’au Mont Canisy qui nous a bien gentiment accueilli.

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Court-métrage réalisé par Pierre Guillaume, Fusible est un huis-clos qui met en scène trois personnages masculins lors d’un dîner. Clarence invite David à dîner. Mais il ne vient pas seul. Michel est l’invité surprise et il sent très à l’aise chez Clarence. Trop à l’aise même…

Fan de films de genre, le réalisateur a choisi de diviser son film en deux parties afin d’illustrer l’expression “péter un fusible”. Si le début constitue une fable sociale et se centre sur les relations entre les personnages, la suite lorgne plus du côté du film de torture classique. Techniquement, il n’y a rien à redire. Couleurs et lumières sont exceptionnellement soignées et la mise en scène au service du sujet. Si le début est chaleureux et coloré, la deuxième partie du film est sombre et rouge sang. Le choix de l’appartement (une décoration dans des tons très chauds), les éclaraiges et surtout la musique, participent à donner une ambiance étrange et pesante au film. Dès le début, on sent une tension presque surnaturelle entre un Clarence un peu trop maniaque et un Michel obscène, indécent. Le point fort et le point faible du film est justement ce personnage de Michel, trop extrême dans son comportement pour être réaliste. Il est tellement lourd qu’il devient également difficile d’éprouver de l’empathie pour lui lorsqu’il se fait violenter. Le gore fera quelque peu oublier cela sur la fin avec un effet assez impressionnant signé, une nouvelle fois, David Scherer.

Pour son “vrai” premier film, on sent clairement que Pierre Guillaume a tout soigneusement préparé jusqu’au moindre détail. Peut-être même un peu trop, à l’image de la maniaquerie de Clarence. Fait amusant (ou inquiétant), c’est le réalisateur lui-même qui interprète justement Clarence !

Entretien avec Pierre Guillaume


Est-ce ton premier film ?
Oui, c’est mon premier film … pro on va dire. Avant Fusible, j’ai réalisé quelques courts métrages en VHS-C, Hi8, et une série de films comico-trashs très courts en DV.

Pourquoi t’être lancer dans l’aventure du court-métrage ?
A la base, je voulais être monteur, puis comédien. Mais à force de bosser pour les autres, on a envie de se lancer. Plusieurs mauvaises expériences m’ont pousser à réaliser un court métrage. Mais l’idée me titillait depuis pas mal de temps quand même.

D’où t’est venue l’idée du scénario ?
L’idée de base est venue de mon personnage, Clarence, je voulais qu’il soit fou, malade ! Après, j’ai travaillé autour, en limitant les contraintes, c’est à dire peu de personnages et un seul lieu. Cela a donc donné un huis-clos.

Comment parvient-on à une image de cette qualité (lumière, ambiance, mouvement fluides)?
Ca se travaille pendant toutes les étapes du film : de la préparation (découpage), au tournage (beaucoup de discussions avec le chef-op), au montage, et bien sûr à l’étalonnage où on travaille beaucoup sur toutes les nuances de couleurs.

L’appartement du film existe-t-il vraiment ? J’ai trouvé la chambre vraiment très “rouge” !
Oui, bien sûr, il existe vraiment ! J’ai mis plusieurs mois à le trouver : difficile pour des particuliers de recevoir une équipe de tournage. La chambre a été éclairée afin de casser l’ambiance du repas. On entre dans un autre univers.

Quelle a été la principale difficulté ?
Cela a été essentiellement de réunir toute une équipe bénévole pendant 4 jours, jongler avec les plannings de chacun. Pendant le tournage, être des 2 côtés de la caméra n’a pas été simple non plus, mais tout était bien préparé avec mon assistant, une réelle confiance était là. La post prod s’est déroulée relativement vite, avec quelques soucis sur la BO. Mais au final j’en suis entiérement satisfait.

Tu joues également un rôle, était-ce un choix ?
Oui. Mon 1er choix était de jouer dans un court. Après plusieurs déceptions en tant que comédien, je me suis dit je m’écris un personnage qui “pète un cable” et je réalise ce film !

Comment as-tu réuni l’équipe technique et artistique ? Des connaissances ?
Oh non ! Je ne connaissais personne ! J’ai recruté toute mon équipe par des annonces sur le net : forums de courts métrages, mailing list, etc. Cela m’a énormément aidé. Ce “casting” de techniciens a pris plusieurs mois, je voulais une entente artistique et humaine à la fois.

Si tu pouvais le refaire, que changerais-tu ?
Je peaufinerais un peu le mixage. A part ça rien ! Le film me convient totalement. J’ai fait ce que j’avais en tête.

Des projets imminents ?
Oh oui, plein ! J’ai tourné Descente en août, un film fantastique d’environ huit minutes. Je suis actuellement en post prod. Le montage est bouclé, l’étalonnage presque fini, et je commence le montage son (un gros morceau). La composition de la BO va suivre également. Les SFX sont de nouveau du talentueux David Scherer, déjà présent sur Fusible. Son travail est énorme ! On ne peut pas trouver plus humble que lui. Je pense finir le film pour début 2009. Reptiles est un film noir co-écrit avec Alexis SZWED en recherche de financement. Et, je commence l’écriture de DR, que j’espére tourner en 2009, film à inspiratons diverses avec mélange de 2D, 3D, matte painting, ce sera dantesque !

Sites: www.pierre-guillaume.com et www.myspace.com/foxatap


Paul Campion est un réalisateur britannique tout à fait prometteur. Dans des genres bien différents, ses deux premiers courts-métrages posent immédiatement une ambiance. Du délire dans le premier, intitulé Night of the hell hamsters, et de l’angoisse pour le second, Eel girl. Mais pour chaque univers, le réalisateur cultive un humour noir typiquement anglais. Il ne faudra donc pas s’étonner de voir un des personnages se faire gnognoter les parties génitales par un hamster enragé. Jusqu’à présent, le travail principal de Paul Campion consistait à participer aux effets visuels de films tels que Le Seigneur des anneaux, 30 jours de nuit ou les Chroniques de Narnia, pour le compte de Weta Digital notamment.

Eel girl est très court, trop court (5 mn). Malgré tout, l’univers visuel est très riche, à la manière d’un film Caro & Jeunet, dont il partage également les couleurs (vert sale pour faire bref). Dans un site militaire secret, un scientifique un peu trop curieux libère la femme-anguille de sa chambre forte. Celle-ci prend un bain d’hormones, attire le cinquantenaire et le gobe littéralement. Eel girl étonne avec ses décors crasseux (la femme s’immerge dans une baignoire remplie d’une espèce de goudron) dignes d’une science-fiction underground. Le look de la créature est également très soigné, et celle-ci ressemble à une effrayante sirène. Apparaissant nue, elle intrigue et séduit, mais surtout elle angoisse à cause de sa dentition particulièrement pointue. Eel Girl a reçu le Grand Prix au festival Court Métrange 2008.

Night of the hell hamsters, son premier court, divertit avec bonheur et se complait dans des “scènes d’action”. Une jeune baby-sitter et son petit ami plaisantent avec les forces de l’occulte. C’est alors que la foudre s’abat sur la maison et en particulier sur la cage des hamsters… Le jeune couple doit alors faire face à une horde de hamsters mutants particulièrement belliqueux (ils ont des yeux rouges qui brillent dans la nuit).

On décèle dans la réalisation un hommage à tous films d’épouvante et le réalisateur ne lésine pas sur le gore coloré. En plus de cela, la fin est très poilante ! D’abord les hamsters, ensuite les anguilles. Paul Campion semble particulièrement attiré par les “agressions animales”, dont le site www.animalattack.info s’est fait une spécialité.

Entretien avec Paul Campion

D’abord les hamsters, ensuite les anguilles. Quel est votre problème avec les animaux ?
Les hamsters, c’est le mal incarné. Il suffit de regarder ces petits yeux noirs et la taille de leurs dents. Ce sont les créatures de Satan, c’est certain. Les anguilles sont plus sympa. Elles sont très bonnes en sushi.

Avez-vous étudié les comportements de l’anguille avant de tourner ?
Nous avons étudié plutôt la baudroie abyssale, qui avale sa proie en une bouchée. Nous avons pris aussi pour référence les serpents qui mangent des oeufs et régurgitent la coquille (ici la coquille est remplacée par les vêtements).

La principale difficulté du tournage ?
Gérer les 200 litres de methocyl noir qui remplissent la baignoire. Ce produit est en fait du lubrifiant. C’est très glissant et difficile à nettoyer.

Comment avez-vous trouvé l’actrice qui joue la fille-anguille ?
Nous avons passé beaucoup de temps à pêcher en mer et nous avons choisi le plus beau spécimen.

Le maquillage était-il contraignant ?
Nous n’avons pas utilisé de maquillage. Elle ressemble à cela en réalité. Ses vraies dents sont pires en vrai alors on a dû les rendre un peu plus jolies.

Pourquoi la photographie d’Eel Girl a l’air plus soignée que celle de Night of the hell hamsters?
Hell Hamsters a été tourné avec une caméra “digibeta”, qui est généralement utilisée pour la télé. Tandis qu’Eel Girl a été tourné sur pellicule 35 mm. Du coup, on peut capturer une bien meilleure image avec un tel équipement et globalement le 35 mm, c’est le top question qualité.

Le look du film me fait penser à Caro & Jeunet. Etes-vous d’accord ?
Je suis flatté par cette comparaison mais je crois que leur travail sur la couleur est plus stylisé. Mais j’étais bien attentif aux couleurs d’Eel Girl, partciulièrement sa “chambre” qui est “dérangeante”, visuellement parlant. J’ai essayé d’utiliser les décors pour créer l’aspect horrifique du film.

Pouvez-vous nous parler de vos travaux précédents ?
J’ai toujours voulu travailler dans les effets spéciaux pour l’industrie cinématographique. J’ai d’abord été illustrateur et j’ai fait des couvertures de livres. Je pratiquais l’aérographe mais avec Photoshop et la 3D, tout cela a bien changé. J’en ai profité pour retourner étudier l’animation assistée par ordinateur à l’université. J’ai ensuite travaillé en Nouvelle-Zélande sur la trilogie du Seigneur des Anneaux. Là-bas, je me suis intéressé à la réalisation et j’ai fini par faire Night of the hell hamsters.

Pour vous, quel est le but d’un court-métrage ?
Tout d’abord, c’est raconter du mieux possible une bonne histoire, qui divertit le public. Après, ça permet d’apprendre le métier de réalisateur et de montrer que vous êtes prêt à prendre la responsabilité d’un long-métrage.

Les producteurs anglais ne sont-ils pas frileux quand il s’agit de film de genre ?
Je ne connais qu’Elisabeth Pinto, la productrice de mes deux courts-métrages et des deux longs que nous préparons. Nous aimons tous les deux les films de genre.

Un film récent que vous avez trouvé génial ?
King of kong, un documentaire sur le jeu d’arcade Donkey Kong. Il y a des intrigues, des trahisons, des méchants, un héro et une fin incroyablement enthousiasmante (quand je l’ai vu, le public a applaudi à la fin). Pourtant, il s’agit simplement d’une histoire réelle.

Vos projets ?
Nous travaillons sur deux films. Le premier s’appelle Lore of the Jungle et c’est un film d’horreur délirant où un groupe de criminels combattent des cadavres ambulants à Londres. Pour l’instant, on en est au casting et on espère tourner l’été prochain. Nous travaillons aussi sur l’adaptation de Terminal, un roman de l’auteur américain Brian Keene. Le scénario est terminé et nous recherchons des partenaires financiers américains.

Site : www.paulcampion.com