Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg – 2ème Edition

bathory

Bathory

« Moins il y a de preuves, plus il y a de légendes… »

Etonnant projet que ce Bathory. Au préalable, Bathory de Juraj Jakubisko se veut une vision historique de la célèbre comtesse. C’est pour ainsi dire, un procès à décharge de celle qui reste dans la mémoire collective comme la meurtrière la plus extrême que le monde ait connu. Scindé en trois partie : « Ferennc », « Druvillia » et « Thurzo », le script décrit la relation entre Bathory et le peintre Caravaggio, qui de butin de guerre, devient confident puis objet de l’amour de la comtesse, son couple avec le chevalier Ferennc, grand pourfendeur d’ottomans, puis son veuvage et la proximité avec la sorcière Druvillia qui la sauve d’une mort certaine par empoisonnement. La troisième partie tourne autour du complot destiné à la faire tomber.

La direction artistique est très impressionnante mais le film n’évite pas certains écueils de pathos ou d’effets un peu hors-propos, comme le duo de moines qui lorgne du côté du Nom de la Rose, la crédibilité en moins puisqu’ils semblent avoir imaginé à eux seuls toutes les inventions du dix-neuvième au vingtième siècle, du roller au téléphone. Un peu incongru même si cela reste amusant.  C’est le problème général tant le métrage ne sait pas toujours sur quel pied danser, oscillant de la rigueur de la chronique au conte de fées, du précis à l’emphase.

La présentation de la comtesse reste très moderne, une femme forte dont le portrait n’est pas édulcoré, mais même si elle a du sang sur les mains, ce qui reste commun pour les nobles de l’époque, elle est loin d’être aussi monstrueuse que le prétends la légende. Une légende inventée de toutes pièces, selon le réalisateur, par des nobles félons avec la complciité de l’église. 

 

trick-r-treat

Trick’r Treat

Creepshow fait encore des petits avec ce Trick’r Treat de Michael Dougherty. Une filiation assumée jusque dans le générique qui présente des pages de comics illustrant ce que nous allons voir. L’astuce de ce film à sketches « à l’ancienne » est de briser la structure classique du genre qui consiste, en général, à un décor qui englobe plusieurs mini-histoires racontées par des intervenants, pour effectuer des allers-retours temporels dans la même nuit d’Halloween en les liant par des points de vue divergents. Certaines scènes font raccord mais sans que le procédé ne paraisse trop factice.

Une femme éteint la lumière protectrice des citrouilles d’Halloween de devant sa maison, des enfants s’en vont rechercher un bus scolaire maudit au fin fond d’une carrière, un vampire ère dans la foule bigarrée, un chaperon rouge cherche à pratiquer sa « première expérience », un homme a des difficultés pour enterrer un garçon obèse dans son jardin,…

Même si certains twists ou cheap tricks sont facilement éventés et que l’on a déjà vu des scènes similaires ailleurs, cette première réalisation de Dougherty remplit aisément son rôle, être naturellement « un film pour Halloween ». Trick’r Treat, dont c’était la première française au FEFFS, ne passera pas par la case « salles », allez savoir pourquoi, mais sera une petite friandise en Blue-Ray et DVD.

 

2 commentaires sur “Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg – 2ème Edition”
  1. Arbeit für alle mérite carrément sa double-victoire car joue sur plusieurs registres et s’adresse autant à la critique et l’intelligence que le délire et le gore.

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