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Une nouvelle fois, l’association de bénévoles Mad Ciné Club s’est pliée en quatre pour nous offrir une programmation alléchante, éclectique, exotique et originale. Le public est venu nombreux lors de la soirée d’ouverture où nous ont été présentés des courts-métrages : Hot Dog de Bill Plympton, toujours égal à lui-même. Beni’s Doll est un court d’animation en 3D et propose de la science-fiction dans un univers triste et grisâtre. Un travailleur à la chaîne s’offre une poupée “gonflable” de luxe mais celle-ci a la tête, les bras et les jambes en option. Le court séduit par son aspect visuel ultra-crasseux.

20th century boys est un blockbuster qui nous vient du Japon et il s’agit, comme d’habitude, d’une adaptation de manga. Il nous a été présenté comme un Seigneur des Anneaux sauce nippone, puisque l’épopée est divisée en trois films. Ce premier opus souffre effectivement des mêmes problèmes que le premier Sda, à savoir une exposition un peu longue des personnages et de leur passé. Le schéma est à peu près similaire et plus simpliste que le spectacle de Peter Jackson : un groupe de 9 personnes doit sauver le monde contre le mal. S’étalant sur 2h20, le film est bien trop bavard et trop insistant sur certains éléments de l’histoire que l’on avait bien compris. Nous sauvent de l’ennui des personnages attachants. Kenji, le “héros” du film, travaille dans une supérette et élève la fille de sa soeur. Lui et ses compères sont des gens tout à fait banals, apparemment incapables de faire quoi que ce soit pour sauver le monde. Le méchant vaut le coup d’oeil également même si les trucs habituels pour le rendre mençant sont utilisés : il porte un masque rigolo (ce qui n’en est que plus inquiétant), il se dote d’un plan de propagande important (logo “hype”, concerts, affiches, spots télé). Il rappelle le hacker de la série Ghost in the Shell Stand Alone Complex. Et enfin, il est le gourou d’une immense secte.
Ce premier épisode pêche par l’absence de spectacle. Quelques événements surgissent mais rien de vraiment marquant ou significatif. L’explosion d’un aéroport est illustrée en 20 secondes, montre en main. Il faut attendre longtemps avant de voir débouler le robot géant dont on parle durant une bonne partie du film. Certains éléments sont intéressants mais sous-exploités comme le rock ou la mode ou les choses de la vie quotidienne propres à la fin de XXème siècle. La scène du robot, assez impressionnante, conclut ce premier épisode et il faut avouer que l’on reste un peu sur sa faim…
Les courageux étaient un peu moins nombreux pour affronter Postal de Uwe Boll. Rurik Sallé de Mad Movies est venu défendre le film et son auteur avec passion.

Véritable jeu de massacre, le réalisateur d’origine allemande tire sur tout ce qui bouge et explose tous les tabous. Sont tournés en dérision : les handicapés physiques ou mentaux, les nazis, les talibans, les blondes, les juifs, les hippies, les flics, les enfants, et Uwe Boll lui-même. Comme c’est toujours le cas avec ce réalisateur, le tout manque singulièrement de finesse. Les amateurs d’humour débile et trash (à la South Park me souffle Léo) seront néanmoins très clients de ce spectacle de violence gratuite. Après avoir bien ri, on peut se demander : pourquoi se moquer de toutes ces choses ? Là se situe la limite du film !
Postal est un spectacle jouissif, un plaisir dont on a bien honte, mais un plaisir quand même. Uwe Boll va très loin dans la connerie et l’on se demande comment il a pu attirer toute une équipe dans ce dérapage incontrôlé. Le “héros”, c’est un gars de la poste qui échaffaude un plan pour voler des cartons de koukougnettes, une peluche phallique très en vogue mais en rupture de stock. Ce scénario totalement loufoque nous emmène vers un déluge de plomb et de feu, avec apocalypse nucléaire en prime; rien que ça !
Jérôme
Dans un futur proche, au Mexique.
Tous les jours, Memo Cruz accompagne son père qui doit acheter à un prix prohibitif les quelques litres d’eau assurant la survie de leur famille.
Toutes les nuits, grâce à une radio qu’il a lui-même bricolée, Memo écoute les conversations de ceux qui ont rejoint les grandes villes.
En fait, le jeune paysan rêve de faire comme eux et de quitter son village pour faire fortune en travaillant dans une de ces usines délocalisées, proche de la frontière, où l’on manipule à distance des robots sur des chantiers situés aux Etats-Unis.
Repéré à cause de sa radio par les forces militaires et pris à tort pour un terroriste, Memo déclenche une attaque téléguidée qui détruit sa maison et tue son père.
Désespéré, Memo part pour Tijuana, la ville du Futur. Grâce à l’aide de Luz, une jeune femme écrivain qu’il a rencontrée pendant son voyage, Memo se fait clandestinement greffer à son système nerveux les connexions nécessaires pour intégrer une des usines dont il avait tant entendu parler. Mais, la réalité que va y découvrir Memo est bien loin de ce qu’il avait imaginé…
Réalisé par Alex Rivera. Sortie en salles le 10 décembre.
Cinq jeunes gens participent à l’émission “body stars”, une sorte de starac de la forme physique pour avoir des corps de rêve. Mais un mystérieux scientifique les a dopé avec une étrange potion, qui les transforme en zombies mangeurs de chair humaine. Cela contrarie fortement le manager et le coach fitness.
Zombie Stars a été tourné il y a 5 ans et ne sera disponible que pour Halloween de cette année. Tourné dans l’allégresse et l’amateurisme le plus complet, le film sent bon la série Z et le délire assumé. On n’est pas loin de l’univers coloré de Richard J. Thomson. Le film montre successivement les pérégrinations de plusieurs groupes : les zombies stars, le producteur et le coach, et un petit bataillon de combattants sortis tout droit d’un film d’héroïc fantasy. Les morts-vivants, habitués aux villes, font ici une incursion dans la campagne marseillaise avé l’accent, ce qui ne manque pas de charme. Si Romero critiquait la société de consommation, on aurait pu pensé que Zombies Stars critiquait les jeux de télé-réalité, mais ce n’est guère qu’un prétexte.
Tous les personnages sont proches de l’hystérie dans leurs comportements et leurs dialogues. Ca devient parfois agaçant, notamment pour le personnage du Dr. Stunrone, joué par le réalisateur, qui en fait des tonnes dans la caricature du type sous acide. Certains “héros” sont assez rigolos, notamment Mad Max 34 et Heavy 38, spécialiste en armes sado-maso ou expert en défécation atomique.
Les effets spéciaux, bien que rudimentaires, remplissent tout à fait leur office. Scherer est à nouveau dans le coup et le plus impressionnant reste les scènes de bouffe où les zombies font des efforts pour arracher des chairs élastiques. Beurk.
Malgré l’aspect brouillon de l’entreprise, le film séduit justement par son côté bordélique. Il part dans tous les sens et se finit par des duels où le sang gicle avec bonheur. Il aurait gagné à être un peu moins long (1h20 quand même!) car certaines scènes dialoguées finissent par lasser.
Si les tripes à la mode marseillaise vous disent, le film sera disponible en téléchargement libre à partir de Halloween, c’est-à-dire le 31 octobre sur la page Myspace du film.
Réalisé par Caroline Coulié et Didier Garcin.

Organisée par le Mad Ciné Club, la 14e édition de L’Étrange Festival Strasbourg aura lieu du 29 octobre au 2 novembre prochain au cinéma Odyssée (3, rue des Francs bourgeois - tél : 03 88 75 11 52).
Au programme :
Des avant-premières, des (re)découvertes, une ébouriffante séance expérimentale, une fantaisie culinaire signée Mamoru Oshii, des perles rares (du bis philippin et un incunable turc), du gore à gogo, un film de pirates pour enfants et des courts métrages venant des 4 coins de la planète.
Les temps forts :
Mercredi 29 : ouverture avec le très attendu 20th Century Boys (l’adaptation du manga fleuve de Naoki Urasawa). Première française.
Jeudi 30 : première française de Astroboy à Roboland un documentaire saisissant sur d’étranges robots japonais, en présence du réalisateur Marc Caro.
Vendredi 31 : soirée Halloween pour redécouvrir le cultissime Creepshow de George A. Romero, et se frotter au nouveau cinéma fantastique espagnol avec Chronocrimes, thriller haletant de Nacho Vigalondo sur fond de paradoxes temporels.
Dimanche 2 : remise de L’Étrange Prix du Public au meilleur étrange court-métrage suivi de la dernière folie de Bill Plympton, Des idiots et des anges.
Les invités : Marc Caro, Stéphane Bourgoin, Gregory Morin qui viendra présenter son court-métrage très attendu : Paris by night of the living dead, etc.
La liste complète des invités et des films se trouve ici : www.madcineclub.com
Deux garçons et deux filles partent pour le lac de Roches Rouges. Tombés en panne d’essence, ils trouvent une ferme apparemment déserte. Alors qu’ils siffonnent de l’essence sur un vieux camion, ils découvrent bientôt qu’une famille de dégénérés occupent le territoire.
Rodolphe Bonnet, réalisateur des fameux Friday 12th (parodie de vous savez quoi), a donc voulu faire lui aussi son survival avec des morceaux de torture. Mille fois utilisée, la recette continue donc de séduire. Surtout en cette période où les survival sont légions et parviennent malgré tout, à se renouveler.
Pour autant, Roches Rouges peine à convaincre. Son budget n’est pas vraiment en cause, ni le talent de l’équipe technique et artistique. Grâce à un montage rapide et peu de scènes gratuites ou inutiles, on va droit au but, ce qui permet d’apprécier le film malgré ses défauts. Tous les ingrédients sont réunis : jeunes filles sexy en péril, une bande de méchants gravement atteints du ciboulot, des comédiens crédibles, une musique originale qui remplit son office, et des effets gores de bonne tenue.
Le côté amateur des Friday the 12th , qui n’était pas gênant puisqu’il s’agissait d’une grosse farce, laisse place à une réalisation sobre et soignée. La mise en scène est parsemée de quelques bonnes idées comme ces cadrages à ras du sol et de travers, mettant en avant des décors lugubres particulièrement bien choisis. On ne sait d’ailleurs pas dans quel lieu on se trouve : un château, une ferme, un caveau, des souterrains ? Une désorientation involontaire (les lieux de tournage prévus n’étaient plus disponibles) mais qui a le mérite de perdre le spectateur.
Mais voilà, il est dur de passer après un Frontière(s) qui surexploite déjà le filon avec mille fois plus de moyens, de scènes trash et de gore. Dur de passer après Martyrs qui jette un pavé dans la mare du genre. Evidemment, ces films ne jouent pas dans la même cour que Roches Rouges. Mais les esprits ont immanquablement été marqués par les néo-nazis cannibales, la tueuse hystérique de A l’intérieur ou les bourreaux cliniques de Pascal Laugier. Les psychopathes de Roches Rouges ont donc beaucoup de mal face à cette rude concurrence.
Rodolphe Bonnet a néanmoins pris le genre très au sérieux et ne fait pas de second degré débile. Il évite également le film référentiel devenu lassant. Bien entendu, on retrouve inévitablement, par bribes, l’adn du comportement déviant des bouchers texans de Massacre à la tronçonneuse. On donnera tout de même une mention spéciale à l’intrigant personnage de “maman” qui a trouvé une méthode originale et peu usitée pour se refaire une beauté…

Montré il y a quelques années, le film aurait pu paraître novateur mais actuellement il fait figure de suiveur avec peu de moyens. Il manque à Roches Rouges une vision originale, une tension viscérale, une nouveauté à apporter à un genre usé jusqu’à la corde. On aperçoit une lueur d’espoir dans la dernière scène, petit bijou d’ambiance glauque qui permet de conclure le film sur une bonne impression.
Réalisé par Rodolphe Bonnet. Avec Emmanuel Bonami, Sophie Chamoux, Yannick Laurent, Linda Massoz, Stéphanette Martelet, Nicolas Melocco. Photo : Thomas Walser. Son : Yves Posiere. Effets spéciaux : David Scherer.

En fréquentant quelques minutes Viktor Alexis, on se rend compte rapidement que tourner un film est pour lui une chose capitale, un besoin viscéral. Ses tripes justement, il les met dans ses films, qui sont autant de prismes braqués sur des obsessions très personnelles. Nature, amour, mort, nudité, sexe et poésie font partie de thèmes parfois hétéroclites et qui composent pourtant bel et bien l’oeuvre du réalisateur.

Kouet est un jeune type un peu fou qui sévit avec sa propre émission depuis maintenant 3 ans. Reporter de l’impossible, son show fait penser à Wayne’s World sur la forme. Les sujets sont variés et il puise régulièrement des idées dans la “contre-culture”. Il rencontre régulièrement des artistes, des performers souvent excentriques. Tout cela est entrecoupé de petites fictions souvent assez débiles et bouclées avec des moyens ridicules, généralement en une seule prise ! Ca a l’air très con au départ mais persistez un peu et vous découvrirez des choses intéressantes ou délirantes, tout du moins…
Vous pouvez retrouver ces programmes sur www.alibitivi.com qui propose des court-métrages expérimentaux, des clips qui font du mal dans les oreilles, des reportages et la fameuse Kouet TV. Avec le menu du haut, vous pouvez vous promener dans les archives et avoir accès à tout un choix de programmes du même genre. L’interface n’est pas très claire mais en bas, vous verrez que vous pouvez faire défiler les pages. On constate au final qu’il y a là tout un vivier de films étranges aux goûts et à la qualité variés. Attention à vos oreilles quand même, surtout quand vous tomberez sur Tonalit2brik, combo belgo-canadien de rappeurs où figure notamment Sergio K-riboo.
Certains programmes sont disponibles sur Dailymotion. Il faudra néanmoins y avoir un compte car certains contenus sont “explicites”. On y trouve notamment un très intéressant reportage sur l’art sophistiqué du bondage japonais.
http://www.dailymotion.com/group/kouettv

N’en avez-vous pas assez de toutes ces jaquettes de DVD qui dévoilent le scénario des films et révèlent prématurément leurs mystères ? Pourquoi devrions-nous avoir la sensation de connaître une oeuvre avant même d’en avoir observé la première image?
Dans la Novathèque, chaque DVD sera accompagné d’une « précaution d’usage » et de plusieurs « suggestions de visionnage », matérialisées par des pictos. Sans trahir aucun des secrets du film, ces éléments préciseront simplement l’esprit et l’humeur dans laquelle voir celui-ci (joyeux / triste, sobre / euphorique, en bande / à 2…). Ainsi guidé, chacun trouvera aisément le film en adéquation avec son humeur, et évitera de dédaigner une oeuvre qu’il aurait vue dans de mauvaises conditions.
Agrémenté de photographies, un livret de 80 pages revient sur l’histoire de chacun des films, le contexte dans lequel ils furent réalisés, leurs influences, etc.
Les 15 films du coffret :
La course à la mort de l’an 2000 de Paul Bartel
Un ange à ma table de Jane Campion
Le testament du Docteur Mabuse de Fritz Lang
La guerre de Murphy de Peter Yates
Les Innocents de Jack Clayton
Tous les autres s’appellent Ali de Rainer Werner Fassbinder
Des oiseaux petits et gros de Pier Paolo Pasolini
The Rutles de Eric Idle et Gary Weis
Sweet Sweetback’s Baad Asssss song de Melvin Van Peebles
Paradis pour tous de Alain Jessua
La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo
Exhibition de Jean-François Davy
L’immeuble Yacoubian de Marwan Hamed
Blue Sunshine de Jeff Lieberman
En attendant le bonheur de Abderrahmane Sissako
YOUNG YAKUZA de Jean-Pierre Limosin
Véritable plongée dans l’univers de la mafia japonaise, YOUNG YAKUZA est le récit initiatique d’une rencontre, celle d’un jeune homme désoeuvré et d’un parrain, lui-même en pleine crise identitaire. Placé par sa mère en apprentissage au sein d’un clan mafieux, Naoki va découvrir le quotidien des Yakuzas pendant une année entière. [...]
L’association l’Absurde séance est heureuse de vous annoncer que du 23 au 25 octobre L’ÉTRANGE FESTIVAL NANTES 2008 (première édition) se déroulera au cinéma le katorza (près de la place Graslin)
www.absurdeseance.fr
L’EROTISME (compilation de courts-métrages érotico-trash) Int- 18 ans. INEDIT EN FRANCE
Il s’agit d’une compilation de courts métrages érotiques pour adultes avertis qui nous vient de [...]
Préparez vous, cher lectorat, car cette critique sera exagérément surchargée de parenthèses et de digressions aptes à vous donner le tournis. Ou du moins portera atteinte à la lisibilité du contenu. Attention, ce qui suit dévoile de larges extraits du catalogue VPC…
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