Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg

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Autour de Vinyan. Rencontre de Fabrice Du Welz avec le public.


Sur l’adhésion d’Emmanuelle Béart pour le projet

Vinyan étant une coproduction avec l’Angleterre, nous penchions au début vers une actrice anglaise. Mais il y a eu un « problème de rencontre ». Un producteur a suggéré d’ouvrir notre recherche à la France. Il se trouve qu’Emmanuelle Béart avait vu Calvaire et nous a contactés. Emmanuelle Béart ? J’ai été la voir, loin d’être convaincu. J’avais peur d’avoir affaire à une diva française. Mais elle parlait de Calvaire d’une manière très enflammée. Je l’ai prévenu que le tournage allait se faire dans des conditions difficiles… Elle et Rufus m’ont tout donné. Leur support et leur bienveillance nous a permit d’aller au bout du projet.

Sur la genèse du projet

Cela s’est passé sur différentes étapes. Je voulais faire un film basé sur Quién puede matar a un niño ? (Les Révoltés de l’an 2000) de Narciso Ibanez Serrador qui me plaisait beaucoup. Un film qui a eu plus de succès en Espagne que Les Dents de la Mer ! Mais son succès posait des problèmes concernant les droits. Il y a ceux des auteurs, qui se détestent maintenant, ceux de l’histoire d’origine de Juan José Plans. Tous les droits sont bloqués. Filmax avait même annoncé un remake, pourtant.

Il y a eu le Tsunami, puis mon voyage de six mois en Thaïlande qui m’ont inspirés.

Sur le drame du Tsunami

J’ai vu dans ce drame la possibilité d’une histoire. Une métaphore mais d’un point de vue réaliste, post-apocalyptique (d’une façon environnementale).

Sur sa collaboration avec le chef opérateur Benoit Debie. Sur le fait que le chef opérateur est réputé d’utiliser couramment « la lumière naturelle ».

Nous nous connaissons depuis quinze ans. Nous travaillions alors pour la télévision belge. Benoit a travaillé pour Gaspar Noé et ça a changé les choses pour lui. Déjà, à cette époque, on pensait à Calvaire. Je ne sais pas l’expliquer, il y a une vraie alchimie entre nous. Il s’investit à cent pour cent sur les projets. Il m’a énormément accompagné sur les repérages. Quand à cette réputation concernant la lumière naturelle, c’est complètement faux.

Sur Vinyan, le tournage était plus improvisé que sur Calvaire. On avait moins de visibilité. On envoyait les rushes à Bangkok et il fallait cinq jours pour voir le résultat. On travaillait un peu à l’aveugle, on prenait des risques dans une certaine limite. Mais Benoit savait ce qu’il faisait.

Benoit ne travaille pas dans l’adition mais dans la soustraction.

Sur le son dans Vinyan

J’étais persuadé que le son allait jouer un rôle important. On a tourné quasi muet et après on a fait la postproduction qui a duré des mois, en enregistrant là-bas, en expérimentant. Le travail était dantesque. Je peux vous dire que les producteurs quand ils ont vu le film la première fois, sans le son, ils ont fait la gueule.

Sur un plan particulièrement spectaculaire du film

Nous avons utilisés des filins sur quatre-cent mètres. Ma référence était Soy Cuba (Mikhaïl Kalatozov – 1964) un film de propagande communiste, réhabilité il y a peu par Scorcese et Coppola. Le parti payait, leurs moyens étaient presque illimités ! Quand j’ai vu ce film, j’ai su qu’il fallait le faire comme ça.

Sur des propositions américaines après Calvaire

Oui, des propositions à la con… J’ai vu le mal que ça a fait à des copains qui en sont revenus. Je n’avais pas envie de faire un remake de The Fog (fortes réactions dans la salle à cette évocation). Je n’ai pas envie d’être un esclave, avec cinq exécutifs sur le dos. (Une dame s’exclame alors avec un accent américain savoureux : « Il faut y aller en maître, pas en vassal ! »). J’aimerais faire un grand film populaire, en gardant la maîtrise, bien sûr.

Propos recueillis par Udéka

Sommaire

6 commentaires sur “Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg”
  1. Impatiente de découvrir l’œuvre cinématographique de monsieur Fabrice Du Welz, que je ne connaissais pas auparavant. Et tout particulièrement Vynian, dont la bande annonce est tout simplement formidable et attractive !

  2. Pour Udeka:

    Si tout va bien, viendra un jour où tu en apprendras plus sur le village de DEAD BONES… 😉

  3. J’ai maté ROCHES ROUGES! Sans doute le meilleur court de genre que j’ai vu depuis bien longtemps! Enfin une vraie histoire servie par de vrais comédiens! Une réal nerveuse et la musique cartonne! Non, franchement, ça tape dur! Certaines scènes foutent vraiment mal à l’aise…

    Pour BLOODY CURRENT EXCHANGE, c’est la seconde fois que je le vois. Une ambiance soignée, mais l’histoire, j’y pige rien, et c’est quand même un peu long. En revanche, Philippe Nahon est énorme! Le vrai atout du film?

  4. La course à la mort : assez bon film d’action de type fast and furious en futuriste et plus pyrotechnique. Je ne me suis pas ennuyé. Les perso sont tous originaux (ah la directrice de la prison super polie/pincée/coincée qui crache 10 jurons dans le dernier plan). Les bagnoles sont aussi bien foutues et surarmées. Les cascades sont originales et les rebondissements nombreux.
    Ca reste bien sûr totalement décérébré et ç’aurait été mieux si le cadreur n’avait pas bu 10 litres de Red Bull. La caméra est sécouée inutilement pour faire style « ça va vite ».

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