Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg

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JOUR3

Les courts-métrages européens, par Léo

Neuf courts métrages fantastoches de ces deux dernières années, en provenance de six pays européens : un petit carottage de la production récente. Que se passe-t-il donc de beau chez les jeunes réalz qui n’en veulent ?
Comme souvent dans le format court, les récits bien tapés, humoristiques ou tournés autour d’une chute, côtoient des tentatives de minilong plus sérieuses mais qui peinent à trouver un équilibre. Comme souvent aussi, les films sont presque tous des copier-coller fauchés de modèles du moment. Et l’on découvre alors, plus ou moins réjouis, que le traitement comic de Sin City ou le western post-moderne de Tarantino font déjà école…

Cold and Dry est une comédie norvégienne de SF, ultracarré dans sa réalisation. Tout est pro : photo, montage, jeu d’acteur, et l’intrigue un peu grinçante-qui-dénonce. Cendreux et froid comme un matin d’hiver à Oslo : pas inoubliable.

J’ai bien aimé Acheleide, le conte fantastique rital ringard. Sa forme toute foireuse fait naitre un décalage très marrant et cette histoire de sirène gagne en horreur d’être filmé comme un mix de soap opéra et de porno amateur. Je parierai pas que c’est fait exprès, cela dit.

Ashes to Ashes : Batman fan film est un vrai cauchemar, à croire que ses réalisateurs français ont mis un point d’honneur à être encore plus extrêmes (lire : violent et stupide) que Frank Miller. Le modèle visé est Rodriguez, c’est dire à quel point c’est joli.

Dead Bones n’est pas non plus un film pour moi. Même en théorie, je n’arrive pas à comprendre l’intérêt pour des suisses d’aller filmer en Espagne, avec de très corrects acteurs anglophones, un ouésterne gore sans scénario – mais avec une poussive poursuite à cheval…

The Girls est la proposition anglaise, plus dans l’horreur gothique. Grand manoir, parc en automne, petites filles en robes rouges. C’est chouette, dans le registre sadique angoissant attendu, jusqu’aux dernières minutes, où tout retombe comme un soufflé.

L’insomniaque, première vraie réussite est un petit truc de chez nous, en huis clos et en noir et blanc, très bien tenu par l’acteur principal. Les ronflements de sa femme empêchent notre héros de dormir. A moins que ce ne soit la mouche qui tourne, invisible ? C’est sans parole, c’est drôle et cauchemardesque, c’est malin et dénote, de la part de Mathieu Mazzoni, d’une chouette maîtrise visuelle.

Monsieur Méchant est une petite bêtise, française elle aussi, sans portée mais fait avec bonne humeur. Un exercice formel, sur le mode du film d’horreur traditionnel, tenu par une intrigue ha-ha bien agréable. Et un plaidoyer contre l’adultère. Ou le téléphone portable.

Si on se fie à l’applaudimètre, Scary devrait gagner le prix du public cette année. C’est plus du thriller que du fantastique, mais ne pinaillons pas : cette microcomédie néerlandaise est de loin le court le mieux écrit de la sélection. Pour pimenter son quotidien, un couple joue à se faire peur, inventant des scénarios de plus en plus compliqués pour surprendre l’autre. Bien sûr, ça dégénère. Formellement, tout est tenu et au service du récit, pile-poil.

Enfin, Vincent le magnifique est une fantasy franco-suisse à gros budget, entre moyen âge burtonien et visuel cabaret-propre façon Jean-Pierre Jeunet. L’histoire d’un jeune magicien qui rate tous les soirs le tour de la « femme coupée en deux » et tache sa belle chemise de sang. C’est plutôt très bien, sans grands enjeux à part cette odeur de vernis frais, façon carte de visite deluxe. Pascal Forney va rester dans les parages, c’est une prédiction.

Sommaire

6 commentaires sur “Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg”
  1. Impatiente de découvrir l’œuvre cinématographique de monsieur Fabrice Du Welz, que je ne connaissais pas auparavant. Et tout particulièrement Vynian, dont la bande annonce est tout simplement formidable et attractive !

  2. Pour Udeka:

    Si tout va bien, viendra un jour où tu en apprendras plus sur le village de DEAD BONES… 😉

  3. J’ai maté ROCHES ROUGES! Sans doute le meilleur court de genre que j’ai vu depuis bien longtemps! Enfin une vraie histoire servie par de vrais comédiens! Une réal nerveuse et la musique cartonne! Non, franchement, ça tape dur! Certaines scènes foutent vraiment mal à l’aise…

    Pour BLOODY CURRENT EXCHANGE, c’est la seconde fois que je le vois. Une ambiance soignée, mais l’histoire, j’y pige rien, et c’est quand même un peu long. En revanche, Philippe Nahon est énorme! Le vrai atout du film?

  4. La course à la mort : assez bon film d’action de type fast and furious en futuriste et plus pyrotechnique. Je ne me suis pas ennuyé. Les perso sont tous originaux (ah la directrice de la prison super polie/pincée/coincée qui crache 10 jurons dans le dernier plan). Les bagnoles sont aussi bien foutues et surarmées. Les cascades sont originales et les rebondissements nombreux.
    Ca reste bien sûr totalement décérébré et ç’aurait été mieux si le cadreur n’avait pas bu 10 litres de Red Bull. La caméra est sécouée inutilement pour faire style « ça va vite ».

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